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mercredi

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La vie s’écoulait paisiblement à Alberta Plains. La neige avait recouvert de boue la grand-rue et les serpillières avaient été sorties aux entrées des bâtiments administratifs. Les agents de permanence au Dépôt s’escrimaient à utiliser leur nouvel outil de travail. En effet, pour cette nouvelle année, ils avaient été dotés d’un magnifique arc de saisie qui allait rendre plus facile la vie de certains. Il n’était pourtant pas aisé à manipuler cet arc-là. Remplacer l’utilisation des stylos à cartouche par ce nouveau procédé était révolutionnaire mais combien douloureux pour les articulations qui souffraient déjà des rigueurs de cet hiver.


L’arc était composé d’un mécanisme qui rappelait assez les vieilles machines à coudre de la fin du XXe siècle et d’un bras qui aurait quelque chose à voir avec une roulette de dentiste (ou un bras de robot des chaînes de montage automobile).

Le procédé permettait, en actionnant une pédale qui alimentait le système et avec un magnifique stylet magnétique disposé au bout d’un bras articulé-assez difficilement articulable d’ailleurs-de cocher des cases dans un casier (évidemment) composé de dizaines de rangées de cases donc.

C’était un travail minutieux mais hasardeux car le bras était équipé d’un balancier qui le rendait léger et en même temps virevoltant ce qui ne facilite pas la précision et l’agent en charge des saisies devait constamment tendre les muscles de son bras pour maintenir un équilibre entre la force de la balance et la légèreté du stylet. Les agents étaient également équipés de lunettes grossissantes et d’une torche frontale pour viser au plus juste.

Cette souffrance au labeur était heureusement compensée par la satisfaction du devoir accompli dans les règles de l’art et déjà les opérateurs les plus adroits, fiers comme des poux, se faisaient-ils photographier devant leurs casiers cochés. (...)


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