C’est le blizzard qui souffle sur Alberta Plains et pas seulement. L’hiver est rude et la Terre est en colère. Les tempêtes rebelles rappellent à la juste mesure des choses. Un exemple peut-être pour ceux qui subissent les contraintes de l’ordre mondial.
Que vient faire l’ordre mondial dans tout ça ? Non, c’est vrai, c’est juste une vision du monde partagée par un certain nombre un peu partout. Vrai. Pourquoi se donner des moyens pour remplir une mission, si on peut se débrouiller avec peu...
Devant la Caisse des Familles, à Alberta Plains, c’est un peu la loterie. On y va de bon matin pour savoir pourquoi son virement n’est pas arrivé et on trouve porte close. Une affichette explique que ce n’est pas la peine de rester. Ni de revenir bientôt. Vous invite à aller voir ailleurs. Un autre jour, on aura fait la queue avant l’ouverture et après, on aura vu quelqu’un venir expliquer qu’en raison du nombre de dossiers à traiter l’antenne va devoir fermer. Et l’on se retrouvera seul, dans la rue, parmi d’autres, encore une fois, comme d’habitude. Trop de personnes d’un côté du guichet, pas assez de l’autre.
Nouvelle année et nouvelles résolutions. La PILE qui était présentée depuis sa création comme le « plus » qui allait ajouter aux actions existantes des prestations ciblées pour les publics les plus en difficulté est mort. Non bien sûr, ce n’est pas ce qui est dit. Ce qui est dit, c’est qu’il a des difficultés financières et qu’il faut le sauver et que, donc, on va changer la façon de travailler.
Plus de sorties « emploi » ou « qualification » mais une « file active ». La réduction de la masse salariale étant un remède possible, ceux qui seraient mécontents de leur sort ou qui ne se plieraient pas à la nouvelle vision du travail seraient invités à aller voir ailleurs. Quoi de mieux que de vider de tout sens l’activité même des référents ? D’ailleurs que devient-elle cette activité ? Réponse officielle : recevoir et faire émarger 40 personnes par mois pour 60 rendez-vous. Bien sûr, ces chiffres ont été « négociés » en tenant compte de l’activité habituelle des uns et des autres. C’est curieux que depuis la mise en place de ces référents, on ait refusé de discuter de l’activité même des référents et du bien fondé de ces créations de poste car ça pourrait peut-être éclairer sur leur utilité voire même justifier de leur disparition… Pour quoi faire un référent ? pour faire la même chose qu’un conseiller « classique», en fait. De quoi se plaint-on, ça fait un poste en plus dans les services, financé par la Communauté Continentale nous disait-on… Alors les projecteurs d'Alberta Plains, réfractaires au non-sens mais disponibles à la discussion avaient accédé à la proposition de création d’un poste exclusivement dédié à la recherche d’emploi.
Et voila maintenant que cette spécificité n’existe plus, plus rien n’existe en fait, seule la nécessité de recevoir un nombre donné de personnes et de les faire signer au bas d’une grille. Mais, au fait, pourquoi les gens se rendraient-ils à ces rendez-vous ? Et pourquoi continueraient-ils à venir, pour simplement signer une feuille d’entretien ?
Au-delà de ce point de vue fonctionnel, qu’a-t-on à proposer au public, au-delà des propres vicissitudes de structures administratives obsolètes ? Il faut exister parce qu’il y a des crédits pour cela. Il faudrait peut-être, par honnêteté pour le public, ajouter sur la porte des bureaux des référents PILE (ceux qui en ont), un panneau du genre « merci de bien vouloir signer pour sauvegarder mon poste ». Beau travail. (...)